20 rencontres pour grandir

Une rencontre pour grandir : Arthur

 

 

Cette histoire, comme toutes les autres du défi #20rencontrespourgrandir, est réelle. Je l’ai écrite à partir d’un témoignage sans ajouter ni ôter aucune information. Les prénoms, les lieux et les détails qui permettraient d’identifier les personnes sont les seuls éléments que j’ai éventuellement modifié. Ceci dans le but de préserver leur vie privée. Mon but étant de vous les faire rencontrer ces personnes par l’intermédiaire de leur histoire avec les langues, ces détails n’ont aucune importance dans leur message.

 

Si vous avez raté les deux histoires précédentes, cliquez ici pour rencontrer Sophie et ici pour Géraldine.

Aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire d’Arthur. Il a 26 ans, est papa et habite dans l’est de la France.

 

Né dans une famille 100% française, sa première expérience avec les langues a eu lieu grâce à son père.  Régulièrement en déplacement professionnel à l’étranger, il ramenait avec lui des supports en langue étrangère et en profitait pour raconter des anecdotes pendant lesquelles l’anglais lui avait été très utile. Sans forcément en avoir conscience, il a donc compris depuis tout petit l’importance de la connaissance d’autres langues. Ces histoires, ces documents qu’il voyait et enregistrait dans son cerveau d’enfant, lui ont fait réaliser que les langues étaient une magnifique porte ouverte sur le monde.

Il se trouve qu’Arthur est musicien. Depuis tout petit, il développe donc des connaissances musicales importantes qu’il associe à une sensibilité aux sons différents. C’est ce qui lui a permis d’être à particulièrement l’écoute des sonorités de la langue française et d’avoir envie de découvrir d’autres mélodies. Comme n’importe quel musicien finalement. Lorsqu’un enfant maîtrise correctement sa langue maternelle, il est  comme un musicien qui connaît son propre répertoire. Et c’est justement parce qu’il le connaît bien, qu’il y est sensible et attaché, qu’il va avoir l’envie et la disponibilité de découvrir d’autres répertoires. Proche de ce qu’il connaît ou plus éloigné, avec beaucoup de facilités ou de grandes difficultés. Mais il pourra a ce moment là, faire cette démarche de découvrir quelque chose de différent, auquel il n’est pas habitué. Ce qui lui permettra ensuite de mieux connaître ses propres chansons et d’être un peu meilleur tout simplement. C’est ce qui se passe quand un enfant apprend une langue étrangère.

“Amoureux des mots, sensible à la musique, j’ai très vite aimé les sonorités du français et voulais découvrir d’autres langues. Très tôt je me suis rendu compte que la maitrise d’une langue et a fortiori de plusieurs était une magnifique porte ouverte sur le monde. “

 

Malgré cela, Arthur a  vraiment commencé l’apprentissage d’une langue en 6ème. Vous allez me dire, rien d’extraordinaire. Tous les élèves de France font la même chose et aujourd’hui, les langues apparaissent de plus en plus tôt dans la scolarité. ( Ça c’est vraiment une bonne nouvelle !) Mon but par ces histoires n’est pas de vous raconter des parcours extraordinaires pour vous en mettre la plein la vue. Ce que je souhaite, c’est vous montrer que dans chaque vie, chaque parcours ordinaire, se trouve la part d’extraordinaire qui appartient à chacun. Nous en avons tous une, elle est plus ou moins visible, nous en avons plus ou moins conscience. Mais nous en avons tous une. Mon but est donc de vous raconter ces histoires pour vous inspirer, peut être vous aider, dans tous les cas vous apporter quelque chose. Car après tout, nous sommes tous uniques, donc extraordinaire. Et je suis convaincue que ça vaut la peine de le partager.

 

Revenons maintenant à Arthur. Il a commencé à apprendre l’anglais puis un peu plus tard l’allemand . Entre temps, il aussi appris le latin. Car en découvrant ces nouvelles langues, il s’est rendu compte qu’il avait envie d’en savoir plus également sur sa propre langue. Il s’est donc beaucoup amusé a étudier l’étymologie des mots. L’allemand a été ensuite pour lui une occasion particulière d’échanges, notamment par l’échange avec des correspondants. Si l’anglais lui a permis de se rendre compte d’une nouvelle manière de communiquer avec le reste du monde, c’est l’allemand qui  a été la première source de réelles rencontres. Et oui, on revient toujours aux rencontres Winking smile

Et si l’allemand lui a tout de suite plu, c’est parce qu’Arthur aime la logique. Il a besoin de comprendre ce qui l’entoure, de trouver une explication claire pour les problèmes qu’il rencontre.( Est ce que ça vous étonne si je vous dit qu’il aime aussi les maths?). Et cela se retrouve dans ses apprentissages:  Car oui, l’allemand réputée pour être difficile dans sa construction est surtout une langue très logique! (Rassurez vous, vous pouvez aimer l’allemand sans être logique, je vous en reparlerai.)

 

 

allemand liberté

 

 

Tout n’a pas été pourtant si facile. 

C’est justement cette logique et cet enthousiasme qui lui ont causé des soucis. Accompagné par sa sensibilité aux sons différents, son esprit plutôt cartésien, et son envie de mieux comprendre les autres avec les langues, Arthur a eu du mal à se retrouver dans l’apprentissage que lui proposait l’école. Vous allez me dire, classique. Tout sauf original. C’est certainement une des choses qui ressort le plus dans les rencontres que j’ai faites au sujet des langues. Nous sommes d’accords. Mais finalement même si nous suivons pour la plupart un parcours similaire, nous vivons tous celui ci différemment.  Chaque parcours a donc sa part d’originalité, par ce que nous en faisons et comment nous ressentons les évènements qui ont lieu.

Ce qui a été dur pour Arthur, c’est de ne pas pouvoir avancer à son propre rythme. C’est de devoir rester assis sur une chaise alors qu’une langue devait lui servir à aller à la rencontre des autres. Encore une fois, il ne souhaite pas jeter pas la pierre mais seulement vous parler de son ressenti.

 

ennui école

Et comme il aime les défis, il voulait aller plus vite. Pas pour se la raconter, pas parce qu’il pensait être le meilleur. Simplement car il voulait découvrir plus rapidement de nouvelles choses, plus rapidement être capable de communiquer, d’entrer en relation. Comme certains vont tout de suite vouloir courir 5km, ou d’autres retenir d’une coup toutes les dates importantes du XX ème siècle. Parce que nous avons notre propre rythme, notre propre manière d’avancer dans nos apprentissages. Cela ne veut pas dire, qu’aucun effort d’adaptation n’est nécessaire. Mais bien que nous ne sommes pas faits pour tous réussir les mêmes choses au même moment. Et qu’il est à mon sens important d’en avoir conscience.

“ Sans forcément savoir ce que je ferais de ma vie, j’avais la réelle conviction que dans toute transaction, pouvoir échanger quelques mots dans la langue de l’interlocuteur était un facilitateur pour d’éventuelles négociations et tractations”

Alors il a continué. Au lycée, il a intégré une section européenne en allemand qui lui a permis de suivre des cours d’histoire géo dans cette langue et d’approfondir ses connaissances. Il a également choisi d’apprendre le chinois en option. Pour le défi que cela représentait et la joie qu’il ressentait en apprenant de nouvelles choses. Même si il ne s’en sert plus aujourd’hui, il garde en tête quelques phrases et un peu plus enfouies des notions qu’il pourra réactiver si besoin. Il conserve surtout cette satisfaction d’avoir rencontré, à travers cette langue, la culture chinoise. Et cette force envie de continuer à s’intéresser à des choses plus éloignées de sa vie quotidienne, qui peuvent lui faire peur mais qui vont aussi le faire grandir s’il fait la démarche d’aller à leur rencontre.

“ Quelle joie pour moi de découvrir une nouvelle langue, une nouvelle façon de construire des phrases, une nouvelle culture, une nouvelle grammaire, de nouveaux sons, une nouvelle calligraphie “

Après son bac, il s’est inscrit dans un laboratoire de langue où il a renforcé son anglais et son allemand et en a profité pour découvrir une nouvelle sonorité linguistique : le russe. L’ayant très peu pratiquée, cette langue reste pour lui surtout des souvenirs de lecture ou d’écoute, qu’il a enfouis. Comme pour le chinois, il pourra cependant réactiver ces quelques notions latentes le jour où il reprendra son apprentissage des langues orientales.

L’étape suivante dans son histoire avec les langues a été la découverte d’une application qui lui a permis de faire des exercices tout en s’amusant. C’est de cette manière qu’il a continué à travailler les langues qu’il connaissait… et en a appris des nouvelles : L’italien et l’espagnol. Alors évidemment, cela ne lui permet pas aujourd’hui de tenir de grandes conversations ou de demander quelque chose de très précis. Simplement d’entrer en contact, de demander son chemin ou des instructions simples en voyage. C’est déjà chouette non? Ce qui a lui a plu dans cette approche, c’est l’aspect ludique. C’est pouvoir savoir que ces langues lui serviraient un jour mais qu’il les l’apprenait avant tout pour la joie que la découverte de nouvelles choses lui procuraient. Et pour le plaisir d’apprendre quelque chose en s’amusant.  Pour joindre l’utile à l’agréable finalement : cette expression n’a jamais aussi bien porté son nom Winking smile

smartphone langues

Aujourd’hui, Arthur se souvient de moments de découragement. Notamment avec le russe et le chinois qui nécessitent la connaissance de nouveaux alphabets. A chaque fois deux choses lui ont permis de s’accrocher : l’aspect ludique de l’apprentissage et la joie , à travers celui ci, de s’ouvrir à de nouveaux peuples et de nouvelles cultures

Il lui arrive d’échanger avec sa femme en allemand ou en anglais. Pour rester incompris de leur jeune enfant. Ou simplement pour commencer à lui inculquer une forme de culture européenne, une habitude à entendre des sons différents. Dans tous les cas, les langues lui permettent d’avancer personnellement et professionnellement: Il a pu obtenir un poste grâce à sa maîtrise de l’allemand et a remarqué combien les partenaires commerciaux germanophones étaient sensibles à quelqu’un qui faisait l’effort de parler leur langue. Même avec des erreurs. L’important est de pouvoir communiquer, transmettre les messages qui permettront de réaliser l’objectif fixé. C’est aussi ce que je crois : Parler une langue  c’est aller à la rencontre de l’autre, c’est entrer dans son intimité et son histoire personnelle. Et dans un contexte professionnel,  c’est s’assurer d’une disponibilité et d’une liberté que nous avons seulement avec une langue que nous maîtrisons très bien.

“Dans deux cas précis, ma connaissance de l’allemand m’a donné accès à un travail qu’il aurait été difficile d’accomplir dans une autre langue. Les allemands, premiers partenaires économiques européens de la France, sont toujours sensibles qu’on parle leur langue. Même s’il subsiste quelques fautes, de déclinaisons ou d’articles, ils sont touchés qu’on fasse un effort dans une langue étrangère.”

Ce qu’il retient surtout, c’est qu’il ne pourrait pas se passer de la richesse d’autres langues vivantes. Parce que cela facilite les relations internationales, parce que c’est toujours utile d’avoir quelques mots d’anglais en poche si notre Smartphone n’a plus de batteries. Parce qu’une série ou un livre en VO, c’est souvent une satisfaction décuplée et une chance de pouvoir saisir des nuances non retransmises dans une traduction. Et surtout parce que c’est une chance incroyable d’ouverture, une saveur nouvelle d’échanges et de rencontres. Sans oublier un moyen de se détendre. Comme nous exprimons nos pensées dans la langue que nous maîtrisons le mieux, parler une autre langue nous permet de ne plus y penser, de devoir se concentrer uniquement sur ‘l’objectif de communication que nous souhaitons attendre.

Et en plus, cette découverte, cette initiation est faisable à tout âge et apporte une réelle satisfaction. Nous avons tout à y gagner, qu’en pensez vous?

Vous allez peut être vous dire qu’Arthur avait des facilités, qu’il comprenait plus rapidement que les autres. Ce que je crois, c’est qu’il a ressenti depuis son enfance, le besoin et l’envie qu’il aurait d’apprendre de nouvelles langues. Que cela le ferait vibrer et avancer. Et qu’il a su se baser sur ses forces pour y arriver. Il est musicien, il aime la logique et comprendre les choses qui l’entourent. Il aime aussi ne pas se prendre la tête et jouer. Il a donc appris les langues grâce à cela et pour cela. Pour lui, pour le défi que cela représente de pouvoir découvrir de nouvelles cultures, utiliser de nouvelles structures et entendre de nouveaux sons. Pour la joie et la satisfaction que la langue ne soit pas une barrière dans la rencontre et la communication.

Nous avons tous nos raisons d’apprendre quelque chose. Qui nous sont propres et que personne ne peut déterminer à notre place. Comme nous avons tous nos forces, nos qualités qui nous permettent de faire ce qui nous fait vibrer, de nous lever le matin en souriant. Et qui nous permettent de vivre en étant nous mêmes.

Et vous qu’est ce qui vous fait vibrer? Qu’est ce que vous avez envie d’apprendre ?

 

Cette histoire vous a plu? Dites le moi en commentaires! Et pour découvrir la dernière histoire, c’est par ici avec Géraldine.

Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *