20 rencontres pour grandir

Une rencontre pour grandir : Sophie

 

Cette histoire, comme toutes les autres du défi #20rencontrespourgrandir, est réelle. Je l’ai écrite à partir d’un témoignage sans ajouter ni ôter aucune information. Les prénoms, les lieux et les détails qui permettraient d’identifier les personnes sont les seuls éléments que j’ai modifié. Ceci dans le but de préserver leur vie privée. Mon but étant de vous les faire rencontrer ces personnes par l’intermédiaire de leur histoire avec les langues, ces détails n’ont aucune importance dans leur message.

 

Aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire de Sophie. Elle a 24 ans, habite dans le Nord de la France et travaille dans une association.

Son histoire avec les langues commence au collège. De langue maternelle française, elle a commencé à ce moment là à apprendre l’allemand. Pour deux raisons différentes. Tout d’abord, parce que ses parents lui ont dit. Ils lui ont dit que cette langue était importante, qu’elle devait absolument savoir la parler. Elle commençait à rentrer dans l’âge auquel on aime bien contredire ses parents mais dans ce cas là,  elle les a écoutés.

Mais il y a une autre raison, un peu plus étonnante. Vous le savez, l’allemand est une langue réputée difficile. Elle est beaucoup moins parlée que l’anglais ou l’espagnol. Dans la plupart des cas, les personnes que vous croisez à qui vous dites que vous aimez cette langue sont plutôt surprises. Apprendre l’allemand, c’est donc un peu original, à contre-courant même.

 

drapeau allemand

 

Est ce que vous avez une idée de pourquoi je vous dis ça? Eh bien car c’est justement pour toutes ces raisons que Sophie a choisi d’apprendre l’allemand. Elle sentait déjà que les langues aurait un rôle important dans sa vie, elle voulait donc que ce soit un défi. Et puis, elle est sans doute un peu rebelle alors elle aime bien ne rien faire comme les autres. C’était donc parfait.

 

Il m’arrive de m’ennuyer dans des conversations seulement avec des français car il n’y a plus le défi et le frisson que l’on a quand on parle une autre langue”

 

 

 

Revenons à son histoire. Après ses premières années d’apprentissage de l’allemand puis de l’anglais, Sophie a décidé de participer à un échange. Elle apprenait les deux langues depuis 2 ans et voulait que ça devienne concret. Elle est donc partie quelques jours en Allemagne après avoir accueilli sa correspondante en France. C’est à ce moment que les difficultés ont commencé.

Alors qu’elle était pleine d’enthousiasme, elle a réalisé qu’elle avait du mal à s’exprimer en allemand. La communication avec les personnes qu’elle rencontrait s’en trouvait donc fragilisé, ce qui la rendait triste. Dans cette situation, la langue était une barrière. En plus, elle avait, à cette période, aussi des difficultés en anglais.

A partir de ce moment là, elle s’est mise à rêver de pouvoir rencontrer des personnes parlant une autre langue sans que cela lui pose problème. Elle voulait que ça lui permette de se rapprocher de ces personnes et non de s’en éloigner.

A votre avis qu’est ce qu’elle a fait? Eh bien, elle s’est accrochée. Elle a continué à s’investir dans les langues, surtout en allemand. Et elle a cherché ce qu’elle pourrait faire pour atteindre son objectif.

 

allemand

 

Au lycée, elle a intégré un cursus franco-allemand. Elle avait alors 10h d’allemand par semaine dont des cours de littérature, civilisation, histoire-géo. Cela lui a permis de préparer le bac allemand en même temps que le bac français. Elle est également partie 3 mois dans une famille allemande. Elle a pu vivre de l’intérieur le système scolaire allemand et les différences culturelles. Génial non?  Tout cela lui a permis de prendre confiance et d’atteindre un très bon niveau en allemand.

Durant cette période, elle avait encore des difficultés en anglais et elle n’apprenait pas d’autres langues. Mais ce dont elle s’est rendu compte  c’est, que son cerveau, habitué à entendre beaucoup d’allemand et à devoir réfléchir dans cette langue pendant ces 3 années de lycée, avait développé une nouvelle compétence :

En travaillant particulièrement l’allemand, en s’y intéressant de près, à l’oral comme à l’écrit, son cerveau s’était en effet entraîné intensivement à communiquer dans un langage différent que celui qu’il connaissait. Le cerveau est un muscle. Comme n’importe quel muscle, quand vous l’entraînez régulièrement, il fonctionne plus rapidement et plus efficacement.

 

C’est de cette manière que Sophie, a pu non seulement progresser en anglais sans rien faire particulier mais aussi apprendre une nouvelle langue plus rare : le suédois.

 

Evidemment, ce n’est pas magique! Elle ne s’est pas réveillée un matin en étant bilingue alors que la veille elle bredouillait à peine quelques mots.  C’est un processus qui a fait que, petit à petit, son cerveau a appris comment réagir face à une langue étrangère. Cela lui a permis d’être plus réactif face à une nouvelle langue, même nouvelle ou non maîtrisée. Sophie arrivait plus rapidement à saisir les difficultés, subtilités et à s’exprimer sans grands efforts.

 

 

“Quand j’entends quelqu’un parler une autre langue, même si je ne la parle pas, mon cerveau va passer en mode ‘international’ et fonctionner en anglais ou en allemand”

 

 

Depuis cette période, elle a grandi. Et je vous l’ai dit au début, elle avait senti jeune que les langues auraient une grande place dans sa vie. C’est le cas aujourd’hui. Elle travaille avec des personnes du monde entier. Elle communique au quotidien avec des personnes non francophones, utilise l’anglais avec des intervenants. Elle fait des traductions simultanées quand c’était nécessaire. Ce qu’elle aime

Qu’en dit t’elle aujourd’hui?  Elle souligne qu’apprendre ces langues a été une grande chance. Cela lui a permis et lui permet encore d’avoir une ouverture particulière sur le monde et sur les autres. Car en apprenant ces langues, elle a aussi découvert des nouvelles manières de vivre et de penser, associées à la culture des pays où celles si ont parlées.

 

 

J’aime bien me dire qu’en apprenant de nouvelles langues, j’ouvre mon esprit plus largement aux autres, à leurs manières ou fonctionnements de pensées, à leur culture.”

 

 

Ce qu’elle souligne aussi c’est la force et la liberté que lui donnent le fait de pouvoir parler une autre langue que sa langue maternelle. Comme si se détacher un peu de son histoire personnelle, lui permettait d’être plus disponible à la rencontre et à l’échange . Je trouve cela particulièrement intéressant.

 

“J’ai aussi remarqué que je parle plus facilement de moi ou de sujets profonds dans une langue qui n’est pas la mienne, car même si je la maitrise, elle m’offre une distance que je n’ai pas si parle en français “

 

 

Son histoire est à la fois ordinaire et extraordinaire. Ordinaire, car apprendre plusieurs langues étrangères aujourd’hui peut sembler banal. Ne pas y arriver au collège puis s’épanouir au lycée et utiliser les langues dans sa vie professionnelle, beaucoup le vivent aussi.

Mais son histoire est quand même extraordinaire. Car justement c’est son histoire et qu’elle est unique. Ce qu’elle nous montre, c’est qu’elle a su tracer son chemin et atteindre un objectif qui lui était cher. Elle s’est basée sur ce qu’elle aimait même si c’était dur. Et parce que c’est ce qu’elle aimait, elle y est arrivé. Aujourd’hui, les langues sont pour Sophie un tremplin, une chance de rencontre et d’épanouissement.

Alors peut être que c’était écrit. Peut être qu’elle a particulièrement les dispositions nécessaires pour persévérer et apprendre les langues. Ce que je crois, c’est que nous sommes tous différents. Et donc tous fait pour accomplir quelque chose de différent. Nous avons tous les dispositions nécessaires pour réussir ce qui nous tient à cœur. Il faut s’en doute s’en donner les moyens mais quand on aime, on ne compte pas. Qu’en dites vous?

 

Vous avez aimé cette rencontre? Dites le moi dans les commentaires, je me réjouis d’avoir vos retours! Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour découvrir un nouveau témoignage. En attendant, retrouvez moi sur Facebook, Instagram et Twitter ( @grandirenlangues)!

Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *