20 rencontres pour grandir

Une rencontre pour grandir : Gabin

 

Cette histoire, comme toutes les autres du défi #20rencontrespourgrandir, est réelle. Je l’ai écrite à partir d’un témoignage sans ajouter ni ôter aucune information. Les prénoms, les lieux et les détails qui permettraient d’identifier les personnes sont les seuls éléments que j’ai éventuellement modifié. Ceci dans le but de préserver leur vie privée. Mon but étant de vous les faire rencontrer des personnes par l’intermédiaire de leur histoire avec les langues, ces détails n’ont aucune importance dans leur message. Bonne lecture !

 

Si vous arrivez en cours de route, je vous explique ici mes motivations pour ce défi. Et profitez en pour découvrir la dernière histoire, celle de Marine.

Je vous propose aujourd’hui de rencontrer Gabin. Jeune étudiant, il a tenu à me raconter son histoire pour vous faire partager ce que le contact avec plusieurs langues lui a apporté. En espérant si ce n’est pas déjà le cas, vous donner envie de vous investir dans l’apprentissage d’une ou plusieurs langues étrangères.

Je vous laisse donc avec son histoire que j’ai découpé en 3 parties.

 

2 langues maternelles ?

C’est ce que répondra Gabin si vous lui posez cette fameuse question de sa langue maternelle. Ensuite, il rentrera peut être un peu plus dans les détails. Il vous dira que oui,  il a 2 langues maternelles car il a appris à parler avec deux langues. Il a grandi avec elles et elles font tellement partie de son identité qu’aujourd’hui il les comprend et les parle couramment.

Ces deux langues sont le français et l’italien. Soyons alors un peu plus exact pour pouvoir rentrer dans son histoire : Gabin a en réalité une langue maternelle et une langue paternelle.

Le français qu’il a appris avec sa maman et qu’il parle au quotidien, à l’école et avec ses amis.

Et l’italien, la langue de son papa qu’il parle avec lui et toute sa famille paternelle.

Ayant toujours vécu en France, le français reste la langue de son quotidien et de ses habitudes. Alors que l’italien lui permet de voyager, de découvrir d’autres choses, et lui donne surtout une liberté comme une richesse particulière à sa personnalité.

Pour lui, c’est naturel : Aucune de ces 2 langues lui a semblé particulièrement compliquée. Il a assimilé chacune avec leurs avantages et inconvénients. Il ne peut pas dire celle qu’il préfère. Chacune renvoie à sa personnalité et touche à une part de sa sensibilité.

A l’école, il a appris l’anglais puis l’espagnol. Le début de ces apprentissages a été un tournant dans son histoire avec les langues.

C’est en apprenant ces nouvelles langues qu’il s’est rendu compte de sa chance…

 

Une histoire de chance …

Comme beaucoup de jeunes enfants bilingues, il ne s’était pas forcément rendu compte de sa chance. Pour lui c’était comme ça. Bien sûr, il savait qu’il parlait deux langues différentes, que l’une venait de sa maman et l’autre de son papa. Qu’elles étaient parlées dans des lieux différents et lui permettaient de communiquer en fonction de là où il se trouvait.

Ce dont il n’était pas conscient, c’est du trésor que c’était. Et ce qu’il le souligne aujourd’hui, c’est qu’il a eu de la chance.

De la chance car en commençant à apprendre l’anglais à l’école, il a remarqué qu’il avait développé des capacités  à comprendre et réagir dans une langue inconnue. Que son cerveau n’avait pas peur et appréciait cette nouveauté. Qu’il avait donc des facilités à apprendre une langue, qu’il pouvait facilement se sentir à l’aise sans devoir trop travailler.

 

 

En deuxième langue, Gabin a choisi l’espagnol qui est une langue cousine de l’italien. Cette proximité avec sa langue paternelle ajoutés aux automatismes qu’il avait acquis jusque là ont rendu cet apprentissage particulièrement facile. Il a rapidement pu sentir qu’il maîtrisait cette langue ce qui lui a donné confiance et l’a fait grandir.

Cela l’a fait grandir car c’est automatiquement ce qui se passe lorsqu’on apprend de nouvelles choses, à fortiori une nouvelle langue étrangère.( Et je crois que c’est plus un scoop, si vous me suivez régulièrement, vous devez le savoir ;))

Mais maîtriser l’espagnol lui a aussi permis de grandir d’une autre manière : Il a pu tout simplement une nouvelle fois réaliser la chance et le potentiel qu’il avait en lui. Il avoue d’ailleurs volontiers aujourd’hui que ce qu’il l’a particulièrement plu dans ces langues étrangères, c’est de pouvoir comprendre facilement. De voir qu’il avançait rapidement sans trop avoir à travailler.

Il a conscience que sans ses facilités de départ, il ne se serait sûrement pas investi dans les langues et n’aurait pas cherché à surmonter les difficultés.

Et il a conscience qu’il raterait beaucoup de choses si cela était le cas.

Je crois que c’est ça la vraie chance. Miser et exploiter sur ce que nous pensons être le mieux, tout en connaissant nos forces et nos faiblesses. Et en sachant que c’est ce que nous feront de ce mieux qui lui donnera toute sa valeur.

 

 

Et de rencontres !

Finalement, on y revient toujours! Et ce n’est pas moi qui le dit mais bien les personnes qui me racontent leur histoire. En même temps, c’est logique. Apprendre une langue pour parler à son mur ou se parler tout seul, c’est pas forcément le plus fun. En fait, je crois que l’envie de rencontres est un critère indissociable de l’apprentissage d’une langue. Et que oui, c’est ça qui permet de grandir!

 

 

Pour revenir à Gabin, il apprécie particulièrement le fait que les langues lui permettent de rencontrer tout simplement. Des personnes, des cultures, des modes de pensées. La langue lui permet de comprendre et de se sentir compris dans les pays où elle est parlée. Il sait en plus que les langues permettent aux frontières d’être moins présentes et à la communication de s’établir pleinement.

Ce qu’il souhaite, c’est que ces langues continuent de lui servir dans le futur. Qu’elles continuent à être un allié dans son épanouissement et à lui donner envie d’apprendre de nouvelles choses. Il sait que c’est un atout pour son CV et compte bien l’exploiter.

Pour finir, je lui ai demandé quel conseil il aimerait donner à quelqu’un qui apprend une langue étrangère. Ce qu’il m’a dit, c’est que si vous avez l’occasion de partir dans un pays étranger, dans un contexte où vous serez obligés de parler la langue que vous apprenez, foncez!

C’est aussi ce que je  vous encourage à  faire : Saisissez les occasions qui se trouvent sur votre chemin, suivez vos envies et surtout votre cœur. Même si vous avez peur.

Comme le dit Henry de Montfreid :

 

N’ayez jamais peur de la vie, n’ayez jamais peur de l’aventure, faites confiance au hasard, à la chance, à la destinée. Partez, allez conquérir d’autres espaces, d’autres espérances. Le reste vous sera donné de surcroît”

 

Je vous souhaite de belles aventures avec les langues et vous dis à très vite ! Surtout prenez soin de vous.  🙂

 

Qu’est ce qui vous parle et vous inspire dans cette histoire? Dites le moi en commentaires et partagez cette histoire à toutes les personnes qui ne savent pas comment exploiter leur chance!

Et pour plus d’histoire de chance, venez ici rencontrer Géraldine !

 

 

 

 

 

 

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4 commentaires

  • Françoise

    C’est malheureusement ce merveilleux trésor que l’on a dénié à tant d’enfants français en leur faisant honte de s’exprimer dans l’une des nombreuses langues régionales du pays. Au lieu de comprendre combien cela pouvait enrichir les capacités cognitives d’un enfant, on a réduit à une honte sociale cette richesse. Ces langues sont pour la plupart moribondes. Je trouve cela dramatique.

  • Johanna Andria

    Bonjour Anne-Lise,

    Quelle chance a Gabin ! Je suis d’origine malgache et je suis née en France. Mes parents parlaient malgache entre eux à la maison. Par contre ils ont eu peur de nous apprendre le malgache. Ils voulaient que nous n’ayons pas de difficultés à nous intégrer à l’école et que nous ne mélangions pas les 2 langues. C’était une autre époque. Ils ne savaient pas forcément qu’un enfant était capable d’assimiler sans problème 2 langues. Donc j’ai toujours été triste de ne pas parler ma langue maternelle. Par contre, je comprends bien le malgache parlé du quotidien. Je me rends compte qu’il ne me faudrait pas grand chose pour que je le parle. C’est un de mes projets d’apprentissage à moyen terme !😉. En tout cas, si vous êtes parents, n’hésitez pas à transmettre la richesse de vos langues maternelles à vos enfants !

    • Anne-Lise

      Merci pour ton retour très interessant ! 🙂 Je suis sûre que si tu as beaucoup entendu le malgache et que tu le comprends, le parler devrait venir sans trop de soucis 🙂 C’est en tout cas super d’avoir envie de l’apprendre ! Belle route dans cette apprentissage 🙂

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