20 rencontres pour grandir

Une rencontre pour grandir : Anna

Cette histoire, comme toutes les autres du défi #20rencontrespourgrandir, est réelle. Je l’ai écrite à partir d’un témoignage sans ajouter ni ôter aucune information. Les prénoms, les lieux et les détails qui permettraient d’identifier les personnes sont les seuls éléments que j’ai éventuellement modifié. Ceci dans le but de préserver leur vie privée. Mon but étant de vous les faire rencontrer des personnes par l’intermédiaire de leur histoire avec les langues, ces détails n’ont aucune importance dans leur message. Bonne lecture !

Si c’est la première fois que vous venez ici, je vous invite à découvrir ici pourquoi je me suis lancée ce défi.  Je vous propose également de découvrir la dernière histoire par ici.

Aujourd’hui, je vais vous raconter l’histoire d’ Anna .

Allemande,  elle a décidé d’apprendre le français pendant ses études supérieures. Après avoir participé à un évènement en France, elle s’est rendue compte que la non maîtrise de la langue la faisait passer à coté de beaucoup de choses. Elle a réalisé aussi que c’était dommage de venir en France, de rencontrer des français mais de ne pas pouvoir communiquer avec eux.
 

Pour mieux comprendre les raisons de son apprentissage et ce que cela a changé dans sa vie, je vais vous raconter son histoire en 3 parties : Tout d’abord ce qui s’est passé avant sa découverte du français, puis comment elle a appris et ensuite les conclusions qu’elle souhaite partager après son apprentissage.

Avant

Anna a découvert les langues étrangères avec l’anglais qu’elle a appris pour la première fois en “ dritte klasse”.  ( 3ème année de primaire en Allemagne). En 6. Klasse ( deuxième année de collège allemand), elle a choisi latin comme deuxième langue. C’est une particularité du système allemand : Dans la région où elle vit, les élèves ont le choix entre latin et français après l’anglais qui est obligatoire.

Au début, Anna aimait l’anglais, elle raconte même qu’elle était à peu près douée et que ça lui plaisait. Au fil du temps, cette notion de plaisir est peu à peu partie pour laisser place à l’ennui et aux difficultés.

Les listes de vocabulaire à apprendre par cœur l’ont particulièrement découragée. Elle sait aujourd’hui, qu’elle aurait dû apprendre ses mots un petit peu chaque jour pour ne pas s’en faire une montagne et pouvoir y revenir régulièrement. Mais ces clés qu’elle a trouvées aujourd’hui lui manquaient à cette période.

Peut être que ce n’était  simplement pas le bon moment….  Son niveau baissant en même temps que sa motivation, elle n’a pas forcément cherché à persévérer.

Après son bac ( “ Das Abitur ” en allemand), elle a commencé des études de maths. Vous allez me dire, rien à voir avec les langues. Pas si sûr, les maths possèdent leur propre langage, leur propres règles. Et sont finalement un langage en soi. Mais vous avez raison car ce n’est pas grâce aux maths qu’Anna a découvert le français.

Elle a découvert notre langue tout simplement : en venant en France et en rencontrant des Français. ( Pour le coup, elle a fait plus d’une rencontre pour grandir! )

Elle a participé à un festival international organisé en France. Malgré les traductions faites dans de nombreuses langues et la présence d’un public international, Anna s’est sentie bête de ne pas pouvoir comprendre le français sans passer par le filtre de sa langue. Surtout, elle s’est sentie déçue de ne pas pouvoir communiquer avec les français présents.

Cette expérience a été à la fois son tremplin et son objectif : elle a décidé d’apprendre le français pour ne plus se trouver dans cette situation et pour pouvoir approfondir les liens d’amitié qu’elle avait créés. Pour pouvoir continuer à faire des rencontres sans que la langue soit une barrière.

Pendant

A la rentrée suivant ce séjour en France, Anna s’est inscrite à un “Sprachkurs” à la fac ( équivalence française : cours de langue). A ce moment là, sa rencontre avec le français a pris tout son sens :
2 fois 1h30 par semaine de français en petit groupe avec des gens motivés et heureux d’être là. C’est ce qui lui a plu, ce qu’elle retient de ces cours. Tous les élèves ayant choisi cet apprentissage pour des raisons précises, l’émulation et le soutien étaient au rendez-vous.

Bien sûr, elle dit que c’était dur. Il y avait beaucoup de devoirs, beaucoup de notions à assimiler durant les 4 mois qu’a duré le semestre universitaire. Surtout que le cadre scolaire nécessaire à ce cours, n’était pas forcément facile à reprendre en sortant des cours magistraux et de l’autonomie requise dans les travaux universitaires habituels.

Elle a trouvé l’apprentissage du français relativement facile.  Grâce au latin, elle s’est rendue compte qu’elle comprenait beaucoup de choses et connaissait certains mots. Ses amis rencontrés en France l’ont aussi beaucoup aidé. En lui écrivant régulièrement sur les réseaux, elle a tout de suite pu pratiquer et utiliser le français dans un contexte réel mais surtout amical et agréable.


Après

Aujourd’hui, Anna s’apprête à venir passer un semestre en France. Si cette immersion H24 dans le français lui fait peur, elle se réjouit d’avoir atteint son but. 

Ce qu’elle aime, c’est pouvoir apprendre et progresser en parlant. En écoutant, en essayant de formuler des phrases et de prononcer les mots correctement , elle assimile petit à petit le fonctionnement de la langue française et s’imprègne des ses habitudes, de sa manière d’être.

Et elle a quoi de se réjouir ! Si parler devant plusieurs personnes en même temps, est encore compliqué, elle sait maintenant comment engager une conversation, répondre si on lui pose une question. Communiquer tout simplement.

Elle sait communiquer par la culture aussi. Apprendre une langue en la pratiquant dans un pays où elle est parlée permet cet avantage majeur. Comme on ne peut pas séparer une langue de sa culture (et vice-versa), une immersion totale permet de relier les deux, de comprendre mieux et donc de progresser.

Anna me l’a dit en allemand :

 

“ Die Sprache beeinflusst die Kultur und die Kultur beeinflusst die Sprache”

Et pour le coup, parler français lui a vraiment permis de faire des rencontres pour grandir. Tout en précisant que c’est fatiguant, elle souligne que parler français lui donne un atout et représente un défi pour aller à la rencontre. En allemand elle m’a dit :

 

“ Man bemüht sich um Leute zu begegnen”.

 

Ce qui veut dire qu’elle ne choisit pas la facilité en restant avec des personnes qui parlent sa propre langue. Mais elle se donne du mal pour sortir de sa zone de confort et aller à la rencontre de nouvelles personnes… en français!

Chaque rencontre lui permet d’avoir un regard plus ouvert sur le monde et les différentes cultures, pour profiter de la richesse que nous offre la vie .. et pour grandir!

 

En conclusion de cette rencontre pour grandir...

Quand je lui a demandé quel(s) conseil(s) elle donnerait à quelqu’un qui souhaiterait apprendre une langue, voici ce qu’elle m’a répondu :

 

 

” Si vous êtes à l’école, profitez en! Même si c’est difficile, vous avez une possibilité d’apprendre et du temps que vous ne retrouverez peut être pas plus tard.”

 

 

Mais elle insiste sur une chose :  la motivation. Car c’est pour elle ce qui a fonctionné. Avoir trouvé une motivation et la garder bien en tête. Si c’est le cas, recherchez le plus possible des situations dans lesquelles vous pourrez parler cette langue. Des situations qui vous permettront d’avoir envie d’apprendre et de rendre cela vivant.

Et voyagez! Au sens propre et au sens figuré, avec des films ou des livres par exemple. Vous verrez que vous ferez beaucoup aussi plus d’une rencontre pour grandir.

 

 

Je crois n’avoir rien à ajouter… Je vous laisse réfléchir à tout cela et partager cette histoire avec quelqu’un qui cherche une motivation pour apprendre ! Dites moi dans les commentaires quelle a été/serait votre motivation pour apprendre une langue?

Et si cette histoire vous a plus, je vous propose d’en découvrir d’autres : ici avec Géraldine ou ici avec Arthur.

A très vite et prenez soin de vous!

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4 commentaires

  • Pierre-Favre

    J’ai apprécié le coté comparatif entre les classes en France et en Allemagne, par exemple quand tu fait la “traduction” En 6. Klasse ( deuxième année de collège allemand). Ça mets en évidence que chaque pays à une approche différentes; d’autant que ce point est sans doute un micro détail.
    Surpris qu’elle ai trouvé l’apprentissage du français relativement facile! Notre langue à pourtant une réputation tout autre. C’est d’ailleurs la réflexion que je me fait lorsque je vois la complexité de la grammaire et de l’orthographe. Mais si elle trouve cela facile c’est super 🙂

    • Anne-Lise

      C’est aussi souvent ce que je me suis dit en observant l’apprentissage du français ! Que j’étais contente de ne pas avoir à l’apprendre en langue étrangère 🙂 Merci pour ton retour!

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