20 rencontres pour grandir

Travailler avec les langues : L’histoire de Neslihan. ( Une rencontre pour grandir)

Cette histoire, comme toutes les autres du défi #20rencontrespourgrandir, est réelle. Je l’ai écrite à partir d’un témoignage sans ajouter ni ôter aucune information. Les prénoms, les lieux et les détails qui permettraient d’identifier les personnes sont les seuls éléments que j’ai éventuellement modifié. Ceci dans le but de préserver leur vie privée. Mon but étant de vous faire rencontrer des personnes par l’intermédiaire de leur histoire avec les langues, ces détails n’ont aucune importance dans leur message.

Je vais vous raconter aujourd’hui l’histoire de Neslihan dont l’histoire avec les langues cache de précieux trésors . Restez bien jusqu’à la fin pour les découvrir.

Et bonne lecture !

1) Débuts

Neslihan a grandi entre le français et le turc. En plus de ces deux langues qui sont les siennes, elle a appris l’anglais comme le plupart des élèves français.

 

Et l’allemand.

 

L’allemand a pris beaucoup de place dans son parcours et l’a d’ailleurs particulièrement accompagné depuis le lycée.

 

Oui je parle encore de l’allemand.

 

Il se trouve que Neslihan. a fait le même parcours, pas au même endroit- pas au même moment- que Sophie dont j’avais raconté l’histoire dans la première rencontre de ce défi 20 rencontres pour grandir. Cliquez ici pour la découvrir 

 

Ce parcours, c’est le parcours Abibac. Une filière particulièrement intéressante, qui en plus de donner un très bon niveau d’allemand et d’ouvrir aux élèves qui la suivent les portes des universités allemandes; montre les réalisations concrètes de l’amitié franco-allemande.

 

Créé en 1994 suite à des accords signés entre les deux pays, l’Abibac est en fait la contraction des noms des deux diplômes de fin d’études en France et en Allemagne : Das Abitur et le bac.

Pendant les 3 ans que dure le lycée ( ” die Oberstufe” in einem deutschen Gymnasium), les élèves suivent 10 heures d’allemand ( ou de français) par semaine dans différentes matières: Littérature, histoire, civilisation…) .

Ils partent en général également pendant plusieurs mois dans le pays voisin pour être immergé dans la langue et découvrir le système scolaire de l’autre côté.

A la fin, les élèves obtiennent simultanément les diplômes français et allemands.

Vous comprendrez que pour les passionnés d’allemand, d’Allemagne ou de langues en général, ce parcours est une richesse incroyable.

 

Revenons maintenant à l’histoire de Neslihan.

 

Si je vous explique en peu plus en détails ce qu’est ce parcours, c’est parce qu’il a été décisif dans son histoire avec les langues. Mais également dans son histoire tout court.

 

Pendant ces années de lycée, son apprentissage de l’allemand a donc été particulièrement intensif et sûrement pas très drôle tous les jours. Quand elle a pu partir 4 mois en Allemagne et être scolarisée dans un établissement là-bas, ses efforts ont cependant payés.

 

 

Les liens d’amitié qu’elle a créée pendant ce séjour, sa motivation, son niveau d’allemand quasiment courant, elle le doit à ce travail et à cet investissement. Sans maîtriser la langue, les liens auraient sûrement été moins forts.

 

Oui, je vais encore vous le répéter.

 

Une langue, sert à communiquer, à se comprendre. Grâce à une langue étrangère, on peut tendre la main à l’autre pour entrer en relation. La maîtrise de la langue permet donc nécessairement la construction de liens plus forts, plus intimes. ( Cela ne veut pas dire que vous devez attendre de parler parfaitement pour rencontrer d’autres personnes, bien au contraire. Simplement le fait d’apprendre une langue étrangère et d’essayer de la parler du mieux possible vous permettra cette logique.)

 

De l’ Abibac, Neslihan garde également le souvenir d’années très fortes, qu’elle a partagée avec des personnes soudées qui ressentaient la même envie d’échanger et d’approfondir leur histoire avec l’allemand.

L’expérience commune de vivre plusieurs mois dans un établissement allemand leur a également permis de tisser des liens précieux et de pouvoir se comprendre.

 

L’apprentissage d’une langue est finalement très proche d’une relation entre deux personnes et ce que je viens de vous raconter l’illustre parfaitement.

 

Dans la construction d’une relation solide entre deux personnes, la confiance et la création de souvenirs sont deux bases qui cimentent le lien qui se noue et permet qu’il reste fort dans le temps. ( Si vous pensez à vos plus belles relations qu’elles soient amicales, familiales, ou amoureuses, ça correspond ? 😉)

 

Quand nous apprenons une langue étrangère, nous construisons une relation avec celle-ci. Être en confiance et se créer des souvenirs agissent alors aussi comme des bases de ciment  qui permettent d’assurer la continuité d’un apprentissage serein.

 

 

“ La langue allemande m’a permise de tisser de réels liens d’amitié avec des allemands. ” 

 

 

2) Etudes, métiers et expériences.

 

Si je vous ai dit que l’Abibac avait eu une place particulièrement importante dans l’histoire de Neslihan, c’est que l’allemand l’a accompagné durant ses études. Elle en fait aujourd’hui son métier.

Je vais vous raconter tout ça.

 

Grâce à l’Abibac, Neslihan aurait pu poursuivre ses études en Allemagne.

Ce n’est pas l’option qu’elle a choisie.

 

Elle est restée en France, a entamé, puis continué et validé des études de droit.

Durant cette expérience, elle a d’ailleurs pu passer une année en Erasmus à Istanbul. Ceci grâce à sa maîtrise de la langue turque.

 

Et elle a également pas mal parler allemand en rencontrant des germanistes de tous les pays. Elle me parle notamment d’une étudiante kosovarde qui parlait uniquement la langue de Goethe.

( Je vous l’ai dit, l’apprentissage d’une langue, c’est comme la construction d’une relation avec une personne : Une fois que vous vous y êtes attachés, même à distance, vous y pensez toujours et vous provoquez les occasions de la rencontrer 😉 )

 

Suite à cela, Neslihan a décidé de se réorienter dans l’enseignement.

De quoi, à votre avis ?

 

Pas de l’allemand non, ce serait trop facile.

Mais c’est étroitement lié, vous avez raison. L’allemand est vraiment devenu son métier.

 

Elle travaille aujourd’hui en tant que professeur des écoles sur un poste fléché en allemand. C’est à dire qu’elle donne différents enseignements en allemand à des élèves de CE2/CM1 ( Maths, sciences, eps, arts, musique, histoire- géo…)

Les langues, la façon de les aborder et l’art de les apprendre font donc partie de son quotidien.

 Comme son envie de transmettre à ses élèves son goût pour l’allemand. ( Elle va même plus loin  en emmenant par exemple des élèves de CM1 une semaine en Allemagne pour leur faire découvrir la langue de manière concrète et leur donner envie de revenir.)

 

3- Conclusion, ouverture et message 

 

Si vous demandez à Neslihan ce qu’elle retient de son parcours, elle vous parlera de trois choses :

 

  • Les rencontres : Celles qu’elle a faites dans de nombreux pays, qui ont ouvert à la porte à de belles amitiés. Et qui lui donneront encore l’occasion de découvrir de nouveaux endroits comme de parler une langue étrangère.

 

 

Vous savez peut-être que les rencontres sont également importantes pour moi, que c’est quelque chose qui me tient particulièrement à cœur et les raisons de toutes ces histoires que je vous raconte. ( Je vous explique tout dans cet article introduction à mon défi #20rencontrespourgrandir. Venez le découvrir ici.)

 

 

En fait, quand nous apprenons une langue étrangère, les rencontres permettent de créer un cercle vertueux dans notre apprentissage. La langue nous permet de communiquer et donc de faire des rencontres. Ces rencontres peuvent ensuite nous motiver à continuer à apprendre, encore mieux. Ce qui nous donne encore plus de possibilités de rencontres. Et d’envies d’apprendre, etc …

 

 

  • La découverte d’autres cultures : Voir ce qui se passe ailleurs pour enrichir sa vision du monde; développer son esprit critique face à des choses auxquelles elle n’était pas forcément habituée.

La langue permet cette approche unique, nous offre cette possibilité d’utiliser les mots pour mieux comprendre les autres.

 

 

C’est aussi quelque chose qui me marque et que je souhaite vous transmettre : Apprendre une langue étrangère, c’est découvrir une autre manière de pensée. C’est accepter que des personnes utilisent d’autres codes pour s’exprimer.  

 

Et pour vivre.

 

 

  • Le changement de sa personnalité : C’est finalement la suite logique des points précédents.

Neslihan raconte que les langues étrangères l’ont rendue plus ouverte, plus tolérante. Elles lui ont donné une envie toujours plus forte de découvrir, de voyager.

Encore et encore.

Je crois que c’est sur cela que vais finir son histoire. Sur cette note d’aventure qui montre bien, que oui, apprendre une langue étrangère nous permet, avant tout, de grandir.

 

Si ces 3 derniers points révèlent chacun à leur manière, ce qu’une langue étrangère peut apporter,  je crois que le trésor des langues se trouve  là : Dans la possibilité de réveiller une phase de nous-même positive, qui nous donne envie d’avancer et de découvrir, autrement peut-être.

Le plus encore c’est que ce trésor est propre à chacun. Et que si la malle qui le protège peut avoir les mêmes caractéristiques visuels pour tout le monde, la méthode utilisée pour l’ouvrir tout comme la manière de voir ce trésor sont bien personnelles, réservées à chaque humain sur cette terre.  

 

Je vous laisse donc sur ces mots en vous posant une dernière question : Et vous , quel trésor avez vous découvert en apprenant une langue ? 🙂

 

Un trésor a encore plus de valeurs quand il se partage alors surtout, profitez-en et divulguer cette histoire aux plus de personnes possibles !  😉

 

Et pour plus d’histoires, retrouvez ici celle de Gabin ou ici celle de Marine

 

A très vite !

 

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6 commentaires

  • Florence

    Quel article inspirant ! Pour ma part, j ai parlé dès le plus jeune âge à parler le vietnamien. En grandissant j ai perdu la langue et quand je le reparle, ma mère rigole car j aii un accent. Du coup je ne le parle plus-devant elle-. Quand j irai au Vietnam ou dans le 13 ème à Paris, je sortirai de ma zone de confort. A bientôt

  • Vie QuatreSixQuatre

    Se jeter à l’eau et tenter de parler la langue de l’autre, même en étant conscient de ne pas la maîtriser. Briser la glace, ne pas hésiter à dire “speak slowly please” et s’amuser… L’apprentissage va beaucoup plus vite quand on rit.

    • Anne-Lise

      Complètement d’accord ! Désacraliser le fait de parler une langue étrangère et simplement …. Spass haben comme on dirait en allemand 🙂 C’est à dire s’amuser, prendre du plaisir ,tout simplement 🙂

  • Fabien

    Merci d’avoir partager ce témoignage ! De mon côté j’ai le profond désir d’améliorer mon anglais, je ressens cette barrière de la langue par moment… C’est inspirant, ça me donne envie de travailler. See you later 🙂

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