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Interview d’expert : Apprendre hors du système avec Olivier Roland.

[EDIT : Cet interview avec Olivier Roland à été enregistré en décembre 2019, avant la crise que nous connaissons actuellement. Certaines informations sont donc à considérer hors de ce contexte actuel.)

 

 

Nous tomberons tous d’accord au moins sur ce point : Le système scolaire est un sujet qui fait couler beaucoup d’encre, sur lequel nous avons tous un avis à donner, selon notre expérience et notre personnalité.

Savons-nous cependant comment faire quand ce système fait vraiment du mal? Comment faire quand on a envie d’apprendre, d’enseigner mais qu’on se heurte à ces limites? Comment faire finalement pour réussir sa vie hors du système ? Comment apprendre une langue efficacement par soi-même quand on a pas réussi à l’école  ?

Je suis très heureuse aujourd’hui de répondre à ces questions à travers cet interview d’Olivier Roland, célèbre entrepreneur du Web et auteur du livre ” Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études” qu’il a réédite en 2019.  Particulièrement critique à l’égard du système scolaire français qu’il a d’ailleurs quitté très tôt, il souhaite partager aujourd’hui son expérience et montrer que tout apprentissage , notamment des langues, est possible, à condition de le vouloir.

Vous pouvez retrouver cet interview sur ma chaîne Youtube et sur les plates formes Itunes et Spotify.

Belle écoute et belle découverte ! 🙂

 

Anne – Lise : Salut Olivier ! Est ce que tu pourrais, pour les personnes qui ne te connaissent pas, commencer par te présenter s’il te plait ?

 

Olivier Roland : J’ai arrêté l’école à 18 ans pour créer ma première boîte dans l’informatique. J’aime bien dire que j’ai un bac -2 ! ( Rires)

Aujourd’hui, je suis à la tête d’une entreprise qui me permet d’inspirer des centaines de milliers de personnes via mes blogs, ma chaîne Youtube… J’aime bien dire que je suis un prof de liberté, je partage auprès d’entrepreneurs et de créateurs d’entreprise comment avoir une entreprise qui est au service de leur vie plutôt que l’inverse.

Et je parle en connaissance de cause parce que ma première boîte que j’avais créé pour devenir libre était en fait devenue une prison. J’y travaillais 60h-70h par semaine comme la plupart des entrepreneurs, c’était ma seule source de revenus, je ne voyais pas comment la vendre, comment l’arrêter car je n’avais pas le droit au chômage.

Et je me suis dit “ C’est dingue, je voulais un meilleur équilibre entre ma vie pro et perso et là je ne peux pas l’avoir parce que je m’emprisonne dans ma propre boîte ! “

Alors je me suis mis en quête de solutions, que j’ai mis plusieurs années à mettre en place.

Aujourd’hui, mon business me donne une liberté totale, entièrement sur Internet. Je peux être où je veux, depuis 2011 je voyage plus de 6 mois par an. Je suis plus du tout à 60h de travail par semaine et ça me fait très plaisir !

 

Anne- Lise : Je reviens un peu sur ton parcours scolaire : est ce que tu saurais dire ce qui était le plus dur pour toi à l’école? Est ce qu’il  y a eu un élément déclencheur qui t’a fait arrêté ? 

Olivier Roland : J’étais déjà quelqu’un de très timide. Les filles me terrifiaient mais comme je voulais être auteur, je me suis retrouvée dans une classe de L, avec 28 filles sur 32 élèves ! J’étais donc pas très à l’aise (rires.)

Mais ce qui m’a fait vraiment arrêté l’école, c’est que je ne vois pas l’intérêt de ce que j’apprenais, la praticité du truc..Comme beaucoup de jeunes de mon âge, je rêvais de quitter le système et le domicile de mes parents pour voler de mes propres ailes. Je sentais vraiment qu’il me manquait quelque chose, sans arriver à mettre le doigt dessus!

Je vais te raconter une anecdote : Je me suis fait convoqué par le directeur de mon lycée qui m’a dit : “ Vous êtes tellement démotivés que vous démotivez les profs !”

Tu imagines ?

En même temps c’est vrai, tu m’aurais vu à l’époque , j’étais complètement affalé sur ma table, à moitié en train de dormir…J’aspirais la motivation des autres !Quelques mois plus tard, j’étais à fond dans ma création d’entreprise, j’étais inatteignable ! Je voyais une montagne : Je creusais un trou pour la traverser comme Tex Avery ! J’avais trouvé un projet qui me plaisait, me challengeait, me faisait sortir de ma zone de confort et que j’avais vraiment envie de réussir !

J’ai tout donné pour ça, c’est un des messages que j’essaie de passer dans mon livre : Quelque soit votre degré de démotivation et d’apathie, ça n’augure en rien de la motivation que vous aurez si vous trouvez un projet qui vous passionne et qui vous challenge.Vous pouvez être le plus grand “ Couch potatoes” (littéralement “ patate de canapé” en anglais) et quelques mois plus tard être complètement transformé parce que vous aurez trouvé quelque chose qui vous donne envie de bouger.

A l’école, ce qui m’a manqué, c’est ce qui me donnait ça. Il y a fallu que je trouve autre chose pour essayer d’explorer par moi même.

 

Anne- Lise : C’est exactement ce que je dis concernant l’apprentissage des langues, ça se rejoint complètement.

Olivier Roland : Oui, tout à fait ! La première partie de mon livre, c’est une critique du système éducatif et comment contourner ses limites. Un des gros reproches que je fais au système, c’est que même si tout le monde s’accorde pour dire que c’est important d’apprendre une langue, seulement 17% des français se disent capables d’avoir un dialogue dans une autre langue… ( Etude de 2012..) C’est quand même très bas !

Ça a fait partie de mes recherches au début : Comment peut on avoir un tel consensus sur la nécessité d’apprendre une langue et en même temps des aussi mauvais résultats ? C’est absolument dingue ! 

Je donne d’ailleurs dans mon livre l’exemple de Caroline, une amie qui a fait 11 ans d’allemand mais qui est incapable d’avoir une conversation simple dans cette langue! Comment c’est possible, c’est complètement ahurissant !

On pourrait dire qu’elle est mauvaise mais quand tu regardes les résultats du système dans son ensemble, c’est quand même assez systématique.

 

Anne – Lise : Je pense pourtant que beaucoup de profs font très bien leur boulot mais sont victimes eux aussi du système..

Olivier Roland : Complètement ! D’ailleurs quand j’ai sorti la première édition du livre il y a 3 ans, je m’attendais à recevoir beaucoup de critiques de profs alors que pas du tout ! Tous les profs qui sont venus me voir étaient d’accord avec moi et essayaient de m’expliquer comment ils contournaient justement le système ! Après peut être que tout simplement, les profs qui n’étaient pas d’accord n’ont pas lu le bouquin…

En fait, je critique le système pas les profs, c’est différent !

 

 

Anne-Lise : Oui bien sur ! Quand tu as quitté l’école, quelles compétences as tu eu besoin que tu as regretté de ne pas avoir appris à l’école ? 

Olivier Roland  : Oui alors déjà parlons d’une compétence fondamentale : On nous apprend jamais à apprendre…. Sans explication rationnelle… C’est une aberration !

Le système semble être de la même manière incapable d’intégrer les dernières recherches des neurosciences dans la manière d’apprendre… Je parle dans le livre d’une étude américaine de 1986 sur la répétition espacée… Déjà à ce moment là, les scientifiques se demandaient pourquoi cette technique n’avait pas été intégré alors qu’elle est connue depuis les années 30.

Et 30 ans plus tard, ce n’est toujours pas utilisé ! C’est incroyable cet aveuglement sur les découvertes des neurosciences, sur les manières pédagogiques, je ne comprends pas ! C’est juste que personne ne s’en occupe dans le système ! Donc c’est important de se rendre compte de ça, que le système est très long à réformer, il y a une inertie énorme ….Et pendant ce temps là, le monde avance de plus en plus vite !

En fait, le temps qu’une réforme soit mise en place, elle est déjà quasiment obsolète, plus adaptée au monde moderne. Et c’est ça le problème, l’école a un train de retard, le gouffre s’étend entre le programme, la doctrine, les objectifs du système et les besoins, moyens de la société. C’est très important de prendre conscience de cela et de contourner par soi même les limites du système parce que le temps que cela change, vous serez à la retraite !

Après, je ne suis pas entrain de dire que tout est mauvais, attention ! Il y a des bonnes choses à prendre ! Mais il y a aussi des problèmes à prendre en compte. Trop souvent, c’est vu comme quelque chose de sacré alors que tout système, c’est critiquable et améliorable !

 

Anne- Lise : Si je reviens aux langues, est ce que tu saurais dire comment se passait pour toi à l’école? Tu te débrouillais en anglais en sortant? 

Olivier Roland : A l’école, j’ai appris l’anglais en première langue et j’étais vraiment très mauvais. C’est d’ailleurs aussi une critique que je fais : L’anglais est une langue surtout orale, contrairement aux langues latines qui s’écrivent quasiment comme elles se prononcent. Je suis en train d’apprendre le portugais et c’est extraordinaire ! En lisant un mot, je sais exactement comme il se prononce, je sais où placer l’accent parce qu’il y a un accent dessus. En anglais, c’est impossible de faire ça.

Et cela parce qu’il n’y a pas d’académie anglaise ! Il y a une académie française, lusophone, allemande qui travaille pour que la prononciation soit en gros corrélée à  l’écriture. Quand on lit des livres du XVIIIème siècle, on se rend compte que certains mots ont changé d’orthographe, notamment parce que la prononciation a changé dans le temps !

L’anglais a pas du tout suivi ça et c’est super chaud ! Les profs commencent par l’écriture alors qu’on ne devrait pas faire ça….Et en plus de cela, pour les langues dont l’oral est aussi important comme l’anglais, on devrait avoir des profs natifs. Il y a de nombreux sons différents en anglais qui sont importants à comprendre, qu’on ne connaît pas en français et qu’on ne voit pas dans l’écriture…

Je ne jette pas la pierre aux profs qui enseignent l’anglais en France, peut être qu’ils auraient simplement plus de valeur à enseigner le français dans des pays anglophones…

 

Donc oui l’anglais, j’étais mauvais. Je ne savais pas le parler, je ne comprenais pas un film et si quelqu’un qui me parlait, il fallait qu’il parle lentement sinon je ne comprenais pas bien. Attention encore une fois, je ne dis pas qu’il est impossible de bien apprendre l’anglais avec le système. Seulement avec les chiffres, on voit que c’est compliqué pour beaucoup  car en plus, on peut avoir des bonnes notes mais ne pas savoir parler. Mon amie Caroline, avait des bonnes notes en allemand, c’est ça le pire… C’est vraiment décorrélé de la réalité, ca m’énerve tiens d’ailleurs !

Bref, j’étais tellement mauvais en anglais que j’ai eu des cours renforcés et ducoup je n’ai pas appris l’espagnol. Mais je m’y suis mis après l’école.

Parce que rendons à César ce qui est César, l’école m’a donné les bases pour que j’apprenne ensuite par moi même, donc c’est déjà pas mal !   Quelques années plus tard, je me suis dit que j’avais envie de voyager et que l’anglais pourrait m’être utile. Alors j’ai commencé à lire des bouquins. J’ai commencé par Harry Potter. Je me suis rendue compte que la série commençait vraiment par un livre écrit pour les enfants, avec un vocabulaire simple, presque enfantin. Au fur et à mesure, que Harry grandit, on dirait que la cible grandit aussi, les livres deviennent plus gros, le vocabulaire se complexifie Et je peux te dire que quand tu as lu, le tome 5 d’Harry potter en anglais, tu peux quasiment lire les livres que tu veux en anglais. C’est excellent comme progression !  Après, je me suis mis à écouter des podcasts en anglais, à regarder des films en anglais tout d’abord avec les sous-titres en français puis en anglais, puis sans sous titres.

Ensuite, j’ai commencé à aller évidemment aux Etats-Unis et c’est ça qui est a vraiment développé mon anglais.

Par contre, le portugais ce qui est génial, c’est que je l’ai vraiment appris tout seul, de A et Z. Ça c’est une expérience passionnante dont je parle en partie dans mon livre.

 

Anne : Lise : Dans les grandes lignes, comment tu as fait pour apprendre tout seul  le portugais ? 

Olivier Roland : Bon déja, j’ai décidé d’apprendre tout seul l’espagnol après l’école parce que je me suis dit que c’était une langue extrêmement parlé. Honnêtement, je ne me suis pas assez accroché et cela parce que ma motivation n’était pas assez forte !

Et ça c’est super important : Il y a beaucoup de gens qui se lancent dans les langues mais ils n’ont pas un vrai pourquoi, une vraie motivation. Parce qu’ils ne faut pas se leurrer, le vrai écueil dans les langues, c’est l’abandon. Les gens abandonnent en cours de route, surtout quand ils sont tout seuls…Comment tu veux apprendre une langue par toi, même si tu n’as pas la bonne motivation?

Et pour le portugais, j’avais la bonne motivation. Déjà, j’avais une copine brésilienne à l’époque, ça aide. Et je me suis rendu compte que j’avais pas mal d’amis au Brésil et au Portugal, que j’y allais donc régulièrement.   En plus, j’adore ces pays là donc c’est une énorme motivation. Après tous ceux qui ont déjà eu un conjoint bilingue le savent : On apprend pas une langue avec son conjoint. C’est super long et ce n’est pas lui qui va vous donner des cours. Par contre, vous pouvez pratiquer avec lui et c’est ce que j’ai fait.

J’ai testé plusieurs applications et celle que j’ai beaucoup utilisé et celle que j’utilise encore, c’est Mosa Lingua. Mosalingua utilise justement le principe de la répétition espacée dont je parlais toute à l’heure, avec les flashs cards.

Je crois que j’ai appris entre 5000 et 6000 mots grâce à cette application donc ça m’a énormément aidé ! C’est donc ce que j’ai utilisé à 95% pour le portugais. Je me rappelle, la première fois qu’on a eu une conversation d’1h en portugais avec ma copine,  j’ai eu la larme à l’œil, je trouvais ça incroyable ! Je me suis mis ensuite à écouter des podcasts, à regarder des films et c’est comme ça que j’ai réussi à progresser.

 

Anne- Lise : Dans ton livre, tu t’adresses à ta communauté que tu appelles les Rebelles Intelligents. Est ce que tu penses que tout le monde peut se retrouver là dedans ?

Olivier Roland : Non, tout le monde n’est pas rebelle intelligent. Un rebelle intelligent, c’est quelqu’un qui peut avoir tous les signes extérieurs de succès : Un cadre, quelqu’un qui peut avoir un beau diplôme, un bon poste, une belle maison, une belle voiture… tout ce que tu veux ! Mais il sent que, intérieurement, ce n’est pas comme ça qu’il va s’épanouir, va se réaliser.

Il peut avoir ses signes de succès ou pas. Le plus important, c’est qu’il ressente cet appel au fond de lui. Typiquement un rebelle intelligent va s’épanouir par la création : Un livre une pièce de théâtre, une aventure, une boîte. Quoi qu’il en soit, cela implique de créer sa propre aventure, de tracer son propre chemin, hors des sentiers battus.

C’est aussi une des critiques que je fais du système éducatif : ll n’est pas fait pour les gens comme ça. Il les étouffe car ils ne sentent pas bien dans un moule.Le but de mon livre est de dire aux rebelles intelligents : Vous êtes normaux, c’est une chance extraordinaire et il faut savoir utiliser cela de manière intelligente !

Mon but avec “ Tout le monde n’a pas eu le chance de rater ses études était de faire un guide  pour montrer des voies pour que les rebelles intelligents s’épanouissent. Récemment quelqu’un à mis ce commentaire sur Amazon, ce qui m’a fait très plaisir : En lisant “Tout le monde n’a pas eu le chance de rater ses études, j’ai découvert que j’étais un rebelle intelligent mais que j’avais jamais eu le manuel d’utilisation. Il a vraiment compris mon message.

Les rebelles intelligents sont comme des braises, il leur suffit juste d’une petite brise pour qu’ils prennent et fassent des feux magnifiques, plein de chaleur et de lumière. Le problème est que bien souvent, ces braises ont été mouillées toute leur vie. Alors, à mon échelle, j’aimerai être une petite brise qui ferait que quelques braises prennent.

 

Qu’est ce que tu dirais dans ce cas à un jeune qui se trouve dans la situation où tu étais quand tu étais au lycée, sans pour autant savoir ce qui l’anime ?

Olivier Roland : Tu peux être apathique et démotivé ( comme je l’étais!), cela n’augure en rien de l’énergie que tu pourrais avoir plus tard. Tu peux être une patate de canapé, ( Couch potatoes en anglais)  si tu trouves quelque chose qui te challenge, dans quelques mois, tu peux être transformé.C’est très important de le comprendre. Il ne faut pas prendre ton énergie actuelle comme une fatalité. Pour trouver quelque chose qui t’intéresse, c’est important d’explorer. Tu es certainement passionné par quelque chose que tu n’a pas encore exploré Tu es peut être passionné par le deltaplane alors que tu n’en as jamais fait de ta vie. Ou de salsa. Etc etc.  On est probablement entouré de trucs qu’on aimerait si on les faisait. Sauf qu’on le fait pas. C’est important d’être dans cette démarche de ne pas rester dans sa routine et d’aller explorer des nouvelles choses régulièrement.

Vous pouvez faire un jeu : Une fois par semaine pendant un an ou 3 mois, faites quelque chose que vous n’avez jamais fait. Ce n’est pas la mer à boire et ca peut être très très fun. Peut être que vous avez des amis qui seraient heureux de partager quelque chose avec vous. L’année dernière, j’ai commencé l’escalade, c’est quelque chose que j’avais jamais fait et j’aime bien, c’est sympa.

 

 Quels seraient pour toi les 3 avantages d’apprendre une langue ?

Olivier Roland : Déjà, c’est super important! Au delà du fait que l’anglais te donner accès à un monde énorme. La majorité des personnes ne parle pas français. C’est valable aussi pour l’anglais mais quand même. Par exemple au brésil, il est plus facile de trouver quelqu’un qui baragouine au moins quelques mots d’anglais que quelqu’un qui parle français. Donc il y a vraiment déjà cette notion d’utile.

Au delà de ça en tant qu’entrepreneur et simplement en tant qu’être humain, se limiter à une seule langue étrangère, c’est se condamner au provincialisme. C’est le fait de croire que les valeurs dans lesquelles on a été éduquées sont universelles et les seules possibles. Avec une seule langue, c’est ce qu’on vit sans s’en rendre compte. Tu ne peux pas savoir le nombre de bouquins qui ne seront jamais traduits en français, c’est juste hallucinant.  Comme le nombre d’heures de films… C’est la majorité des choses malheureusement ! Et même quand c’est traduit, il y a toujours un filtre. Ça va t’ouvrir tellement de nouvelles portes en terme de culture, pensée, c’est juste hallucinant !

C’est comme un nouvel œil qui s’ouvre sur ton front, tu vois les choses différemment. Si tu arrives au niveau où tu penses dans cette langue, c’est génial . La langue, c’est l’interface avec la réalité. Ce qui te permet de te représenter la réalité, de penser, d’agir par rapport à elle, c’est la langue. Dans toutes les langues, tu vas trouver des mots qui ne sont pas traduisibles dans d’autres. Et ça c’est très intéressant car cela veut dire que sur ce point là, cette langue a par exemple une vision plus nuancée que dans ta langue.

Et donc, tu as une interface avec la réalité qui est différente, probablement plus pertinente. Le cliché c’est par exemple que les esquimaux ont 9 ou 10 manières de nommer la neige. Bon déjà c’est une légende urbaine mais c’est un bon exemple !  J’ai un autre exemple en tête, un mot anglais qui est très difficilement traduisible en français : “ accountability” : Ça peut se traduire en français par responsabilité mais il manque quelque chose, ce n’est pas exactement la signification. Les anglophones utilisent ça pour dire “ être responsable de manière proactive en s’engageant pour la réussite du truc mais aussi en s’engageant à communiquer sur les résultats, à dire au monde ce qu’il va se passer. Cette petite nuance n’existe pas en français, cela montre que les anglophones sur ce point, s’engagent un peu plus…. Et ce n’est qu’un exemple parmi des milliards d’exemple de ce qu’une langue peut apporter ! Justement, je me trouve plus pertinent quand je réfléchis en anglais sur le business plutôt qu’en français, c’est intéressant ! Donc ça t’ouvre vraiment une interface qui t’’enrichit de manière extraordinaire! Il y a d’ailleurs plein d’études qui montrent que les gens qui parlent d’autres langues ont plus de succès de manière générale !

Et donc 3 ça te permet de ne pas être prisonnier d’une culture et d’une manière de pensée. J’adore aussi le portugais parce que le Brésil est un pays avec une énergie extraordinaire. C’est un truc que j’ai vu nulle par ailleurs, c’est inerrant à la culture brésilienne et c’est vraiment fou ! Même aux Etats-Unis, il n’y a pas que ça. Ca se retrouve dans leur langue, leur accent, leur manière de parler. Ça fait plaisir et ça communique vraiment quelque chose !

 

( C’est un sujet que nous avons abordé  lors d’un autre interview sur le blog, vous pouvez le retrouver  juste ici . )

 

Quel mot aurais tu envie de dire pour terminer ?

Olivier Roland : Pour finir, si vous êtes encore là c’est que vous êtes probablement intéressés par le sujet. Alors prenez juste une chose dans tout ce qu’on vient de dire qui vous a interpellé et mettez la en pratique dans votre vie. Ca vous permettra que ces 45 min d’écoute ne soient pas juste de la culture mais une nouvelle compétence que vous allez implanter. Posez vous cette question et faites le !

 

 

J’espère que cet interview et cette rencontre avec Olivier Roland vous a plu et inspiré ! Je vous invite à retenir cela : Il n’y a pas qu’une manière d’apprendre et de construire ses projets. Que le système vous convienne ou non, vous pouvez arriver à créer, à étudier, à entreprendre. Et en être fier!

Et parce que j’aime partager avec vous, dites moi dans les commentaires ce qui vous inspire particulièrement !

 

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