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6 erreurs à éviter pour apprendre une langue efficacement

Pourquoi parler des erreurs ? La peur d’en faire est tellement importante chez les apprenants en langue étrangère qu’elle est source de nombreux blocages.

Ces fameuses erreurs peuvent pourtant être positives car elles montrent que nous avons encore besoin d’apprendre ou qu’un point reste sans doute à éclaircir.. Celles ci peuvent donc être particulièrement constructives.

A condition d’être expliquées et comprises.

C’est pour cette même raison que j’ai décidé d’écrire cet article aujourd’hui. Pour vous parler de ces erreurs- normales rassurez-vous – que je vois encore trop souvent chez des apprenants alors qu’elles pourraient facilement être évitées.

Mon but est de vous expliquer d’où viennent ces erreurs, de vous expliquer pourquoi elles peuvent nous bloquer dans notre apprentissage  et de vous proposer des pistes pour dépasser celles ci.

Vous êtes prêts à découvrir tout cela ? Alors c’est parti !

Avant de commencer, rappelez vous cela :  Ce n’est pas le nombre d’erreurs que nous faisons qui déterminent notre réussite mais notre capacité à apprendre de ces erreurs et à nous relever pour continuer notre chemin. 

1ère erreur à éviter : Croire que c'est impossible ou trop facile.

Ces deux croyances que l’on nomme d’ailleurs croyances limitantes posent souvent problème au début d’un apprentissage car elles nous font entrer dans un chemin de pensée exagéré, qui fausse la réalité.  ( Même si celui ci se base toujours sur une base de vérité…)

Le problème de ces croyances est qu’elles influencent notre manière d’agir et faussent la perception de nos capacités. Elles peuvent nous bloquer dans nos actions ou au contraire nous faire avancer trop vite. 

C’est exactement ce qui se passe avec une langue étrangère ( ou même notre propre langue d’ailleurs 😉) lorsque nous pensons que l’apprentissage est impossible ou au contraire très facile. 

La réalité, c’est qu’apprendre une langue ce n’est ni impossible, ni trop facile. Parce que rien n’est impossible quand on se donne les moyens d’atteindre nos objectifs et qu’apprendre demande du travail et de l’investissement. 

Alors oui, certaines langues, en fonction de notre/langue(s) maternelle(s), de notre histoire, de nos goûts peuvent sembler plus simples que d’autres. Il est évident qu’avec le français, les langues comme le russe ou le japonais vont avoir un niveau de difficulté supplémentaire en raison de leur alphabet différent. Sans compter la différence de culture, impossible à dissocier de l’apprentissage d’une langue.

 Tout comme certaines langues européennes comme l’espagnol ou l’italien vont par leurs racines et leur histoire se rapprocher du français et paraître donc plus simple au premier abord.

Mais rien n’est écrit. Car votre réussite dans l’apprentissage dépend tout d’abord de vous.

Que faire alors ?

  • Avoir en tête que les critères de difficulté d’une langue sont subjectifs et varient d’une personne à l’autre

Malgré la complexité des caractères, certaines personnes vont par exemple beaucoup plus se retrouver dans l’apprentissage du japonais que dans celui d’une langue européenne, car ils seront guidés et motivés par leur passion du Japon. Pour parler de mon cas personnel, j’ai trouvé l’allemand plus simple à apprendre que l’anglais ou l’espagnol. 

  • Apprendre une langue avec un objectif, c’est comme faire du sport en compétition.  Sauf que nous n’avons pas besoin d’être meilleur que les autres.

Le point commun, c’est le mental. Dans l’apprentissage comme dans un sport, la première étape c’est de croire que nous sommes capables d’y arriver.

Tout en ayant conscience qu’aucun apprentissage n’est magique mais que tous demandent du travail, de l’investissement et comportent des moments de doute comme des erreurs. Tout en sachant que nous devons trouver les bons outils, les bonnes méthodes et les bons crochets auxquels se tenir. 

Apprendre sans croire que c’est impossible, ni trop facile, on y est, non ?

Ils ne savaient pas que c'était impossible alors ils l'ont fait "
Mark Twain
Ecrivain

2ème erreur : Apprendre une langue comme n’importe quelle autre matière

Une langue qu’elle soit étrangère ou non est quelque chose qui se vit, qui se ressent. Il ne suffit pas de comprendre les règles de grammaire, ni la logique de construction des phrases pour pouvoir parler correctement. Bien sûr c’est important car cela fait partie du processus mais cela ne suffit pas.

(Si je vous dis que je ne compte plus le nombre de personnes qui m’ont dit avoir appris une langue pendant de nombreuses années sans pouvoir la parler, est ce que ça vous parle ? )

Vous allez me dire que tout apprentissage demande du concret. Je suis complètement d’accord. 

En voyant mon fils grandir, je comprends d’ailleurs encore mieux aujourd’hui l’importance de mettre du sens derrière chaque nouvel apprentissage, chaque nouvelle découverte. Et de relier chacun d’entre eux à quelque chose qui nous touche dans notre quotidien.

L’ apprentissage d’une langue étrangère, a pourtant une particularité. Si celui ci est une richesse inestimable, il n’en reste pas moins une sortie de notre zone de confort et un éloignement de ce que nous connaissons.

Je pourrais également vous parler des 5 compétences ( Pour en savoir plus sur ces dernières cliquez ici) qui brassent à la fois l’écrit, l’oral, la compréhension et l’expression et dont aucune ne peut être mise de coté pour maîtriser une langue parfaitement. ( Même si certaines peuvent être privilégiées en fonction de votre objectif.)

Nous en arrivons quoi qu’il en soit à ce constat : Si certains points d’une langue nécessitent d’être assis pour être compris, celle ci ne peut s’apprendre uniquement derrière un bureau mais demande absolument de la pratique et du ressenti.

Que faire alors ?

  • Saisissez la moindre occasion de faire vivre la langue que vous apprenez, même au tout début de votre apprentissage.
  • Suivez des personnes sur les réseaux sociaux qui communiquent dans cette langue, regardez des séries, des vidéos que vous aimez dans votre langue cible ( Même si vous ne comprenez pas tout au début).
  • Vous pouvez également chercher un tandem pour commencer à échanger. Pour en savoir plus sur ce point, rendez vous ici.

3ème erreur : Être irrégulier et passif dans son apprentissage .

La régularité est à la fois le point le plus difficile et le plus efficace dans l’apprentissage d’une langue. Apprendre plus régulièrement mais moins longtemps pour faire de la langue une habitude, quelque chose d’intégré à notre vie comme n’importe quelle autre pratique est pourtant une des clés d’un apprentissage serein et positif. 

 Plus souvent nous sommes confrontés à une langue, plus rapidement et plus facilement  notre cerveau est prêt à enregistrer de nouvelles informations et à réagir face à l’inconnu de la langue cible.

Logique en fait : Nous sommes toujours plus à l’aise avec quelque chose que nous connaissons 

Si vous n’êtes pas convaincus, je vous conseille de faire ces tests sur 2 semaines :

  • Après avoir établi un plan précis, prévoyez 6 séances de 20 min étalées sur 6 jours. 
  • La semaine suivante, prévoyez la même quantité de travail mais sur une seule séance de 2 h00.
  • Observez les différences et comparez votre travail.

Vous devriez normalement noter une plus grande efficacité, plus de facilité et plus d’informations retenues, lors des séances plus courtes  Sur plusieurs semaines, le résultat est encore plus incroyable. 

Alors bien sûr, prendre du temps quotidiennement n’est pas toujours possible. Libre à vous bien sûr d’adapter selon vos possibilités. Nous avons la chance aujourd’hui d’avoir accès à de nombreux outils en ligne ou sur nos téléphones qui nous donnent la possibilité d’apprendre un peu partout, avec ou sans Internet.

De plus en vous fiant au point précédent, notez qu’une séance de langue ne se fait pas nécessairement derrière un bureau avec un papier et un crayon mais peut également être un jeu, un livre, un film, un podcast….  ( Si l’idée de jouer avec les langues vous plaît, venez jeter un oeil ici.

Que faire alors ?

  • Si vous avez peur de rater le coche,  vous pouvez mettre une alarme sur votre téléphone et bloquer des créneaux sur votre agenda comme vous le feriez pour votre séance de sport ou un rendez vous chez le coiffeur.
  • Ayez aussi à proximité une liste d’outils que vous aimez et qui vous permettent de réviser facilement et rapidement. ( Je vous propose une sélection d’outils juste ici.)
  • Et gardez bien en tête qu’il vaut mieux ne serait ce que 10 min par jour d’exposition à la langue que 2h30 en une fois par semaine. 

4ème erreur : Traduire mot à mot dans sa propre langue.

Notre langue maternelle, c’est notre base, notre premier filtre sur le monde, la langue de nos premiers rêves et de nos premières pensées. Il est donc normal de se raccrocher à elle et de la comparer avec la langue inconnue que nous découvrons. 

Comme je le disais plus haut, il est important d’apprendre une langue en reliant ce que nous apprenons à notre quotidien, ce qui passe donc par une traduction des termes dont nous avons besoin. 

Le problème ne se situe d’ailleurs pas dans l’apprentissage du vocabulaire mais dans l’utilisation de celui ci. Chaque langue ayant une structure et une logique qui lui est propre, il est courant de ne pas pouvoir traduire tel quel un mot, une expression ou une phrase. Ou de le traduire d’une manière qui soit grammaticalement correcte mais fausse dans l’utilisation.

Sans parler des termes qui sont tout simplement intraduisibles sans une longue périphrase. ( Par exemple les mots ” die Heimat” en allemand ou ” das Sprachgefühl ” en allemand. Pour découvrir ce qu’ils signifient, je vous invite à cliquer juste ici.

Vouloir traduire mot à mot nous induit en erreur de deux manières :

  • Cela nous empêche d’entrer dans la logique de la langue étrangère car nous allons en fait utiliser les termes étrangers avec la structure de notre langue, ce qui ne fonctionne pas, comme vous l’aurez sans doute remarqué.
  • Cela nous fait concrètement faire des erreurs d’expression que nous pourrions éviter en n’utilisant pas de traduction directe.

Finalement, c’est un peu comme si vous jouez au rugby en suivant les règles du foot. Vous allez avoir tout le matériel, le terrain mais des règles inadaptées, qui vous permettront certes de faire quelque chose mais pas de jouer correctement.

Que faire alors ?

Le but est d’arriver à comprendre que nous ne pouvons pas maîtriser une langue étrangère en raisonnant avec la logique d’une autre langue. Ce n’est pas forcément facile au début mais cela vient avec le temps, la pratique…

Pour cela :

  • Privilégiez la compréhension à la traduction face à un document dans une langue étrangère. C’est un sujet que j’ai également déjà abordé, dans cette vidéo.
  • Quand vous apprenez un mot de vocabulaire, essayez au maximum de l’apprendre en contexte, dans une phrase construite.
  • Immergez vous au maximum dans la langue même depuis chez vous : Lisez, regardez des films… Toutes ces choses qui vous permettront petit à petit de faire de votre langue cible, une habitude, quelque chose de plus en connu. Cela vous permettra d’être de plus en plus à l’aise avec cette logique différente.

5ème erreur : Utiliser Google traduction.

Sur ce point, je serai rapide et très concrète.

Alors oui, je sais que Google traduction est très pratique et a sans doute été amélioré ces dernières années. 

Sauf que non. Voici 2 raisons qui expliquent pourquoi cet outil ne vous aide pas dans votre apprentissage. 

  • Il traduit littéralement ( Et bêtement, c’est un ordinateur donc on peut le dire 😉) sans réfléchir aux nuances et surtout aux différentes constructions dépendant de chaque langue. Cela peut donc vous induire énormément en erreur, surtout au début lorsque vous n’avez pas les connaissances nécessaires pour repérer certaines erreurs.
  • Cet outil peut vous donner l’impression de maîtriser une langue alors que ce n’est pas le cas. En vous donnant des phrases toutes faites que vous pouvez copier et utiliser, il vous donne la possibilité de vous exprimer sans forcément avoir compris quoi que ce soit, ce qui à un moment donné va poser problème si vous souhaitez poursuivre votre apprentissage. 

 

Que faire alors ?

  • Si vous avez besoin de chercher un mot rapidement, je vous conseille d’utiliser un vrai dictionnaire en ligne et de toujours toujours regarder le contexte. Je vous conseille particulièrement Pons ou Linguee.
  • Dites vous que si les ordinateurs et robots d’aujourd’hui sont très puissants, ils sont loin de pouvoir remplacer notre cerveau d’humain et ses capacités d’analyse, de ressenti, d’émotions. Ayez confiance en lui 😉

6ème erreur : Apprendre sans émotions.

Ah les émotions. Ces petites grandes choses invisibles mais tellement puissantes.

Savez-vous ce que sont les émotions et à quoi elles servent ?

Ce sont des signaux qui indiquent à notre organisme que quelque chose d’inhabituel se passe, que ce soit positif ou négatif.  Nos émotions peuvent par exemple nous protéger par la peur, nous alerter sur le fait que quelque chose ne va pas avec la tristesse ou au contraire nous montrer que quelque chose de particulièrement positif est arrivé avec la joie. 

 Les dernières recherches en neurosciences l’ont de nouveau montré :  Les émotions ont une énorme influence sur le fonctionnement de notre corps et agissent donc sur  notre cerveau mais également sur notre forme physique, notre moral et ont un impact direct lors de nombreuses situations de la vie quotidienne.

Être connecté à nos émotions, c’est donc être à l’écoute de nos besoins, envies, capacités. Dans un apprentissage, cela nous permet de ressentir de la fierté lorsque nous avons atteint une nouvelle étape, de la joie quand nous nous sentons bien ou encore de la colère quand nous ne comprenons pas quelque chose et que cela nous énerve.  Notre cerveau est donc tellement connecté à nos émotions qu’il va décupler ses capacités de mémoire et de compréhension lorsqu’il va associer l’apprentissage à une émotion positive.

En fait c’est super logique. Lorsque nous ressentons quelque chose de positif, notre organisme sent que c’est bon pour nous donc il met la dose pour que nous puissions en récolter au maximum les fruits. Vous avez déjà essayer d’apprendre quelque chose qui vous met en colère ou vous fait peur ? Ça devait être compliqué non ? Maintenant, vous savez pourquoi. 

C’est pour cela qu’il est si difficile d’apprendre une langue derrière un bureau et d’apprendre des règles par cœur sans en comprendre le sens. Et pour cela qu’il est si important d’associer la langue que vous apprenez à des moments de joie, de plaisir, à des choses qui vous font vibrer.

Le problème que nous avons souvent, c’est que nous ne sommes pas à l’écoute de nos émotions. C’est normal car cela s’apprend. Par peur de ne pas savoir les gérer, par honte aussi de ne pas ressentir ce qu’il faudrait, nous avons tendance à les enfouir.  Elles sont encore vues aujourd’hui comme quelque chose de complexe,  les écouter est perçue parfois comme une mode.

Et pourtant, je vous assure qu’elles sont une force, l’atout que nous devons absolument jouer pour apprendre efficacement tout en restant à l’écoute de nous-même.

" Les résultats expérimentaux suggèrent que bien souvent les émotions facilitent les processus cognitifs tels que l’attention et la mémoire, qui sont essentiels pour les apprentissages."

Que faire alors ?

 Favoriser au maximum les situations d’apprentissage qui provoque quelque chose en vous, qui vous donnent le sourire, vous rendent fiers, heureux, joyeux en faisant notamment des activités que vous aimez dans la langue que vous apprenez.

  •  Être à l’écoute de ce que vous ressentez, sans en avoir honte et en acceptant que par nos différences, ces émotions n’appartiennent qu’à nous et sont donc souvent bien différentes de celles de nos voisins.

 

  • Vous pouvez utiliser des cartes émotions pour vous accompagner dans cette situation.  Pour en savoir plus, je vous invite à découvrir la fiche des émotions que je vous propose de télécharger gratuitement ainsi que des pistes d’exploitation. Cliquez ici.

 

  • Gardez en tête que ce ne sont pas les émotions qui posent problème mais la réaction qui va avec.

Par exemple, parce que vous avez peur, vous arrêtez complètement votre apprentissage. La peur est normal, bénéfique pour vous alerter face à quelque chose d’inconnu.   C’est donc la gestion de cette peur que vous devez travailler pour que celle ci ne vous bloque pas complètement mais vous aide à avancer en connaissant mieux les forces qui font partie de vous.

Que pensez- vous de ces erreurs ? Êtes vous d’accord ? Est ce qu’il y en a d’autres qui ont pu vous bloquer dans votre apprentissage ? Racontez moi en commentaires !

Et si jamais vous pensez encore que vous n’êtes pas faits pour apprendre les langues, foncez télécharger gratuitement mon ebook gratuit ” Vous êtes forcément bon en langues ! ” dans le formulaire en juste en dessous !

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