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5 raisons d’apprendre une langue par l’histoire ou la culture.

Il y a quelques jours à l’heure où j’écris cet article, nous avons fêté les 30 ans de la chute du mur de Berlin. Un évènement marquant, un tournant dans l’histoire allemande, européenne et à un niveau plus personnel, quelque chose qui me passionne.

Si vous recevez mes mails, je vous en avais parlé en priorité. ( Si vous avez envie de faire partie de mes contacts pour les recevoir, venez par ici, vous pourrez en plus télécharger gratuitement mon guide pratique ;-))

Je n’ai pas vécu le 9 novembre 1989.

Par contre, je l’ai beaucoup étudié, je suis allée plusieurs fois à Berlin et j’aime beaucoup en parler.

Cet anniversaire était donc une bonne occasion de le faire et de vous montrer comment les évènements historiques et/ou culturels peuvent vous permettre d’apprendre autrement ( et plus facilement) une langue étrangère.

Comme un anniversaire est cependant quelque chose de spécial, je ne voulais pas faire un article comme les autres.

Je vous ai donc demandé, si vous le souhaitiez, de me raconter votre histoire avec le mur de Berlin. Où vous étiez quand il est tombé, ce que vous avez ressenti, ce que provoque en vous cet épisode de l’histoire.

Les réponses que j’ai reçues, je les ai synthétisées et regroupées autour de 5 points qui me permettent de répondre à ce question :

Pourquoi utiliser les événements culturels et historique pour apprendre une langue ?

Et je vais donc répondre à cette question !

 Pour voir l’article en vidéo, c’est juste ici :
 
 
 

1-Langue et culture sont indissociables.

 

“ Il n’est pas de langue qui ne soit de culture, la langue étant fondamentalement une représentation du monde, qui s’ancre dans le réel et dans l’imaginaire”

Cette phrase venant des programmes officiels de l’Education nationale, en lien direct avec le CECRL ( Cadre européen commun de référence en langue qui définit les compétences à acquérir et les pistes d’apprentissage pour y arriver au niveau européen, je vous en parlais dans cet article.) montre que la culture et la langue sont indissociables.

Si je suis la première à défendre l’apprentissage des langues en dehors du cadre scolaire et à regretter certaines manières de faire, je trouve cette approche intéressante.

Essentielle même. 

Car si l’apprentissage d’une langue est utile pour la langue en soi car cela nous permet de communiquer avec d’autres personnes à travers le monde, il est également une porte ouverte à l’acceptation de la multiculturalité. Il permet de comprendre, qu’autour de nous, des personnes communiquent autrement et portent un autre regard sur le monde. Tout cela sans porter de jugement de valeur.

Au delà de cela et presque paradoxalement, les faits historiques ( et dans une certaine mesure culturels) permettent de se rendre compte, que malgré une langue différente, nous avons des choses en commun.

 

C’est là que je m’approche de l’histoire de la chute du mur. Même en 1989 alors que les frontières étaient encore bien présentes en Europe, l’histoire n’est pas restée en Allemagne mais a bel et bien touché les différentes générations des pays voisins.( et même ceux un peu plus loin!)

De plus, cet évènement montre particulièrement bien que la langue ne peut s’apprendre complètement sans la culture.

Selon la plupart des profs d’allemand ( et je suis d’accord à 100 %) :  Apprendre l’allemand de manière satisfaisante sans savoir ce qu’il s’est passé dans la deuxième moitié du XXème siècle est complexe. Sans comprendre le vécu des familles séparées par le mur, celui de celles qui vivaient à l’est et enfin le tournant ( die Wende en allemand) qui a suivi la réunification. ( Die Wiedervereinigung.)

Et j’en passe.

 

2- Apprendre du vocabulaire en contexte et par rapport à un évènement précis.

 
 

Je l’avais  évoqué dans cette vidéo où je vous parlais de la St Martin. ( Cliquez ici pour la (re)voir.) Je vous donnais d’ailleurs 4 mots directement liés à cet évènement qui ont tous le point commun d’être des mots courants que vous pouvez facilement être amené à réutiliser.

Le fait de les découvrir ou de les réviser dans un contexte précis, qu’il soit historique ou culturel, vous permettra de les retenir plus simplement, plus sereinement et surtout de mettre du sens derrière votre apprentissage.

C’est quelque chose que notre cerveau aime beaucoup, il n’aime pas s’encombrer de choses qu’il ne comprend pas ou dont il ne voit pas l’utilité.

En plus de les apprendre en contexte, cela vous permettra de les utiliser directement et de savoir quelle place ils ont dans une phrase par exemple.

Parce qu’apprendre du vocabulaire, c’est super. C’est même indispensable pour maîtriser une langue correctement.

Savoir employer et réemployer ce vocabulaire dans des situations réelles de communication, c’est encore mieux. Et c’est uniquement d’ailleurs pour ça que l’apprentissage d’un lexique le plus riche possible a du sens et que nous pouvons y accorder autant d’importance.

 

Si je reviens à l’exemple de la chute du mur de Berlin :

En allemand on dit :  “ der Mauerfall”. 

C’est un mot composé du mot  “die Mauer “ : le mur et der Fall” : la chute, l’action de tomber.

Un mot donc très intéressant qui permet d’en apprendre quasiment 3 en 1.

Et qui est retenu beaucoup plus facilement par les élèves que d’autres mots pourtant plus simples !

 

3- Pour apprendre et retenir des dates

 

Qui dit évènement historique, dit dates.

Alors oui. Cela peut paraître anecdotique. Pourtant, c’est super important, non ?

Soyons honnêtes. Qui n’a jamais galéré à retenir des dates et/ou à les prononcer en langue étrangère ? Nous y sommes tous passés ou je me trompe? 

En étudiant un événement historique, vous faites d’une pierre directement 3 coups ( Et même plus, croyez moi ! ;))

  • Vous retenez les dates;
  • Vous les connaissez dans la langue que vous apprenez ;
  • Vous apprenez du vocabulaire !  ( Car apprendre les dates sans savoir à quoi ça correspond, nous sommes d’accords que ça a ses limites..!)

Après la date de ma naissance et de celle de l’année en cours, je crois que celle de la chute du mu est une des premières dates que j’ai apprises. Hyper simple en allemand, il suffit de dire : neunzehnhundertneunundachtzig. Rien que ça.

 

 

 

Un truc chouette en plus, c’est que pour retenir les dates historiques et les prononcer correctement, vous êtes quasiment obligés de connaître les nombres et donc les chiffres par coeur. C’est alors un super moyen de travailler, mine de rien, ces bases dont je ne pense pas avoir besoin de démontrer l”importance.

Et pourquoi vous retiendrez particulièrement les dates d’un évènement marquant ?

Car il vous marque tout simplement.

Ou plus largement car il cache quelque chose de bien réel et pas simplement des textes dans un livre d’histoire.

Et vous les retiendrez dans votre langue cible car cet évènement y sera associé et vous permettra d’appliquer ce que vous avez appris à un épisode qui, s’il n’a pas changé complètement le monde, à influencé positivement ou négativement la vie de personnes bien réelles, qui parlaient bien réellement cette langue.

 

4- Vous faites intervenir vos émotions et vos souvenirs.

 

 

J’avais 9 ans. (Lors de la chute du mur) Mes parents étaient au PCF et tous les ans on allait dans les pays de l’est. A chaque fois je me faisais avoir : mes parents me disaient de prendre des jouets pour m’occuper pendant le trajet et chaque fois ils finissaient par me dire de donner mes jouets aux enfants de la rda qu’on rencontrait. En voyant les images à la télé ma 1ere réaction (Je rappelle que j’avais 9 ans) a été: chouette je vais enfin pouvoir garder mes barbies. ( Merci à Hélène pour ce témoignage)

 

Un événement historique ou culturel ( pensez à Noël par exemple) déclenche chez nous des émotions, crée des souvenirs qui nous sont propres et qui définissent le rapport que nous allons entretenir avec cet épisode.

Pour cette raison, ils sont une excellente porte d’entrée dans l’apprentissage des langues car là où interviennent nos émotions, là où nous sommes touchés, nous sommes plus forts, plus munis pour apprendre.

Alors bien sûr, il est mieux d’obtenir des émotions positives, des souvenirs qui suscitent de la joie chez nous et qui décuplent notre motivation à apprendre. (Mais il est possible de travailler à susciter ce genre d’émotions.)

Il est surtout je pense, utile d’arriver à nous reconnecter à nos émotions, d’accepter que nous réagissons différemment face à un même événement et que c’est une force.

J’ai remarqué avec mes différentes classes qu’il est toujours très intéressant de demander à des élèves ce qu’ils ressentent, face à un document par exemple.

Si ce n’est pas un exercice facile, il est toujours précieux car il permet d’inclure l’élève dans son apprentissage et d’être en accord ( ou du moins tendre à l’être) avec son ressenti.

Pour mieux apprendre.

Plus sereinement et plus efficacement.

Avez vous déjà testé cet exercice ?  En tant qu’enseignant ou dans votre vie personnelle ?

 

 

5- Vous accédez à des témoignages.

 

Ces témoignages, nous les connaissons aussi de nos livres d’histoire et parfois de ceux de langues. Ils sont là pour rendre ce que nous étudions plus humain, plus à la portée de notre quotidien.

Plus réel aussi. Plus vrai finalement.

L’une d’entre vous me racontait notamment qu’elle a appris la chute du mur de Berlin et a compris l’importance de cet évènement grâce à sa prof d’allemand, qui en tant qu’allemande, était très touchée et leur a transmis son émotion.

Si nous revenons à l’apprentissage d’une langue, ces témoignages agissent d’une manière semblable car ils permettent de relier la langue à l’événement étudié et à la vie réelle d’une personne.

Cela montre qu’une langue est faite pour se vivre, pour raconter, pour communiquer. Il permet également de réaliser combien une langue prend de la place dans notre histoire personnelle et sert de moyen, de code pour raconter ce que nous vivons, décrire ce que nous ressentons et interagir avec les personnes autour de nous.

 

Je me souviens que les premières fois où je suis allée à l’étranger, j’avais du mal à réaliser que les personnes parlant une langue étrangère vivaient autour de cette langue et qu’elle constituait leur prisme.

 

Vous aussi, vous avez ressenti cela et imaginé qu’ils traduisaient en français dans leur tête ? Nous sommes parfois vraiment égocentriques …^^

Et vous, quel évènement culturel ou historique vous a touché, vous a aidé à apprendre différemment dans votre parcours ? Racontez moi dans les commentaires !

Si vous n’en trouvez pas, j’espère que cet article et/ou cette vidéo vous aideront à changer votre vision des langues !

Je vous remets ici le lien de ma vidéo sur la St Martin, en dessous de laquelle je vous propose un défi pour mettre en pratique ce que je dis sur le vocabulaire. C’est juste ici!

A très vite ! 🙂 

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3 commentaires

  • Vie QuatreSixQuatre

    La chute du mur, c’était un moment d’intense émotion. J’étais dans l’Océan indien et je me rappelle avoir suivi heure par heure les informations en me disant “mais pourquoi je ne suis pas à Paris”. Sûr que j’aurais foncé à Berlin pour partager ça. C’était tellement soudain. Je suis née en 64 et j’ai grandi avec l’image de l’Allemagne coupée en deux pour toujours, les films d’espionnage, les souvenirs d’un grand-père mobilisé en 39 et fait prisonnier par l’armée allemande, le journal d’Anne Franck… Tout ceci formant une mythologie à part entière. Et d’un coup, tout ça s’écroule. Nous avons pleuré en voyons ces gens passer par dessus le mur pour étreindre leurs concitoyens qui vivaient de l’autre côté.

  • Sarah

    Tellement d’accord avec ton article. Apprendre doit faire sens pour la personne. Personnellement, je ne suis pas très douée pour les langues, pourtant j’ai appris le turc en tombant amoureuse de ce pays et de son histoire…

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